I won't hold you back

Pour toi, celle qui me connait peut être trop bien pour m'aimer.
Pour toi, celle que j'aime malgré moi.
Pour toi, celle qui lit ce que je pense.
Pour toi, celle qui ne passe jamais ici.
Pour toi, celle à qui j'écris je t'aime plutot que de le hurler.
Pour toi, parce que c'est comme ça.
Faut-il encore qu'il y ait une raison.


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# Posté le mercredi 14 novembre 2007 16:10

M'ma ! Take this badge over me... I can't use it anymore...

M'ma ! Take this badge over me... I can't use it anymore...
Les réverbères défilent sur le côté. Le fond de l'air effraie. Mon chien dandine son arrière-train au rythme du bruit que font ses petites pattes sur le macadam. Les lumières des appartements créent une atmosphère d'intimité dans la rue. Le soleil est sur le couchant. Par cette soirée de novembre, je ne pense à rien. Seul ce vif et quasi-imperceptible sentiment de bonheur retrouvé me parcourt de part en part. Je suis bien. Un sourire vient éclaircir mon visage d'un croissant de lune éclatant. Mais attention, je ne nage pas dans le bonheur ! Je suis juste heureux de ce moment. La ville rentre chez elle après une dure journée de labeur retrouver mari, femme et enfant et moi je déambule dans ses artères, faisant circuler ce flot incessant de personne, nécessaire à son bon fonctionnement. Un oiseau coasse dans le lointain. Je lève la tête. Le ciel est violet, les nuages roses. Les tours d'appartements encadrent parfaitement ce tableau de Dame Nature. Julius s'arrête brusquement. Celui-ci est le bon. Le temps de son affaire, je reste rêveur devant ce coucher de soleil urbain. Ces tours d'habitude si moches font partie intégrante aujourd'hui de ce paysage merveilleux. Personne n'est visible à l'horizon. Les voitures ronronnent dans le lointain. La berceuse de la ville s'endormant. On est reparti. Je goûte à ce moment de perfection avec délectation. J'en savoure chaque goutte. J'enregistre, je grave dans ma mémoire chacun des détails de cette ½uvre magnifique. Je suis l'½il de la vie. Je suis celui qui voit ce que personne d'autre ne voit. Je suis heureux. Aujourd'hui, la vie m'a fait un cadeau. Pourquoi ? Parce que elle sait que je saurais l'apprécier à sa juste valeur. Les rayons du soleil épousent les formes de ces nuages sur le départ pour un autre ciel, d'un autre pays. Ils montent et descendent, jouent avec les formes, les deviennent, les éclairent, les révèlent. Les guimauves avancent lentement dans le ciel raisin. Je suis la langue de la ville. Je mange et bois ce qu'elle m'offre, tout en restant muet. Ce somptueux mélange de barbe à papa et d'hydromel m'emmène dans un monde de saveur encore inconnu de l'être humain. Je me gave de chaque morceau de ce festin aérien et divin. L'air passe sur ma joue, me réchauffant la peau et le c½ur. Je suis le toucher de la vie. Dans ce vent léger et doux, je ressens la vibration de la ville au loin. Je ressens le battement de c½ur de chaque être humain formant cette union, derrière chaque plaque de béton. Je sens la vie, je la touche. En passant, il me parle. Je suis l'ouie de la vie. Je l'entends qui me murmure ses aventures. Il me raconte la campagne, les villes, la chaleur du Sud, la froideur du Nord, l'humidité des rizières et des yeux, la sécheresse des déserts et des c½urs. Il m'emmène avec lui dans la campagne texane, sur la muraille de Chine, dans les montagnes péruviennes, sur les fleuves russes, dans les rues de Ouarzazate et sur l'Empire Stade Building. Puis ce vent s'en va rejoindre les bibendums célestes pour les emmener à l'autre bout du monde, là où un autre rêveur y enfermera ses songes. En partant, il me laisse un souvenir. Un souvenir olfactif. Je suis l'odorat de la vie. Je sens derrière lui les épices du Caire, la toundra sibérienne, les sapins suisses, les hot-dogs new-yorkais, le sel de la Mer Noire, les décharges des quatre coins du monde. Je sens la putréfaction des corps, je sens le fumier des fermes, je sens la pauvreté étouffante. Ces odeurs s'en vont. Le vent aussi. Les nuages aussi. Les rayons aussi. Julius me regarde avec un drôle d'air. Oui on y va mon chien. Mes sens sont partis avec mes rêves. C'est peut-être pour ça. Peut-être pour ça que je ne l'ai pas entendu. Entendu le crissement. Le crissement de pneus. Les pneus de la BMW. La BMW qui m'est rentrée dedans. Dans la ville. Dans la vie. Dans la mort. Dans les nuages...
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# Posté le lundi 05 novembre 2007 05:33

On allumait une cigarette et tout s'allumait...

On allumait une cigarette et tout s'allumait...
La bande... Vous me manquez...

# Posté le jeudi 11 octobre 2007 16:08

Modifié le jeudi 11 octobre 2007 23:51

Can't you hear what I'm saying ?

Can't you hear what I'm saying ?
Mes deux petites soeurs du bout du monde dans mon coeur...
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# Posté le jeudi 11 octobre 2007 16:05

Modifié le vendredi 12 octobre 2007 02:27

It's just another day, nothing in my way, I don't wanna go, I don't wanna stay, so there's nothing left to say.

It's just another day, nothing in my way, I don't wanna go, I don't wanna stay, so there's nothing left to say.
Le vent glacé me mort la nuque. Mon manteau se soulève à son passage. La nuit est rude et les rues sont vides. Moi je suis là, las, dehors, le torse nu sous mon manteau de cuir. Mes longs cheveux corbeaux jouent avec la bise. Mes rangers font résonner le macadam froid et abandonné. Il va pleuvoir. Je n'ai pas froid. Ou plutôt si, j'ai froid. À l'intérieur. Mon intérieur pourri par l'alcool, les femmes et le temps. J'avance toujours seul, ivre de solitude. Je traîne mon âme damnée par les rues de la grande ville, ne sachant ni ce que je fais ni où je vais. Mes yeux bleus, secs depuis la dernière pluie guettent le moindre signe de vie. Mes oreilles en biseaux frémissent au tintement d'une poubelle qui chute. Un chat. Noir. J'esquisse un petit sourire. Ma canine me fend la lèvre. Interdit de sourire pour moi. À quoi bon ? Que fais-je seul dans cette rue aussi désolée que moi ? Qu'espère-je ? La mort ? Sûrement pas. Je l'ai déjà croisée. Elle ne m'intéressait pas. La vie ? Plus la mienne en tout cas. Tout cela de rime à rien. Le ciel ose enfin entrer dans la partie. Un petit grondement le précède. Les nuages s'ouvrent. La première goutte s'écrase avec ironie sur mon front, coule le long des crevasses de mes rides pour aller se loger dans l'orifice cicatrisé que j'ai en plein milieu du crâne. Blessure de guerre. Une balle entre les deux yeux. J'aurai dû mourir. Mais la vie, ou la mort, avait d'autres projets pour moi. Ses jumelles la rejoignent peu après, me trempant petit à petit. « Il pleut sur la ville comme il pleut sur mon c½ur... ». Le clipoti de la pluie accompagne le bruit de mes pas. La vie semble vouloir se réinstaller. Je m'arrête. La vie n'a pas sa place ici. La nuit est mon domaine. Mon terrain de chasse. Moi, l'envoyé de la Mort en personne. Comme si le ciel m'avait entendu, l'averse cessa net. Je me remets en marche. Toujours personne aux alentours. Les flaques restent vides sur mon passage. Ceci aussi fait partie de ma condamnation. Pas de visage. L'oubli de sa personne. Je me suis vendu, je ne suis plus maître de moi-même. Mais mon apparence reste inchangée depuis ce jour oublié, je le sais. Je n'aspire plus qu'à une chose depuis. Le salut. Mais l'espoir est pour les humains. Je n'ai d'humain que la silhouette. Plus de visage, plus de sentiments, plus d'espoir. Telle est la mort d'un vampire. Une flaque résonne dans le lointain. Je me cache dans une ruelle. La lame de mon couteau me sert de rétroviseur. Un couple. L'homme porte un costume trois pièces et semble avoir la trentaine. La femme quant à elle... Je n'arrive pas à la distinguer. Hum. Ilx doivent revenir du théâtre. Une petite soirée entre amoureux. L'amour... Je l'ai connu aussi. Mais il est parti... Et j'ai refusé de le rejoindre. J'ouvre le pendentif accroché à mon cou et contemple la photo en sépia à l'intérieur. Une beauté pareille. La mort devrait avoir honte. La vie même devrait avoir honte. Ce genre de personne mériterait de rester là-haut. Ici-bas, les humains peuvent être pires que certains vampires. Ces anges devraient repartir. Une chaleur oubliée emplit mon palpitant. Mais ce n'est qu'une chaleur passagère. Mon corps est froid. La vie contenue dans mes veines s'épuise à chaque minute, pompant avec elle la chaleur du passé. Mes membres se raidissent. Non... Pas maintenant... Pas eux... Ils arrivent bientôt à ma hauteur. Je ferme le pendentif. Va pour l'homme. Je tends mon bras. Le couteau rencontre la partie droite de sa veste. La lame s'enfonce profondément jusqu'à atteindre l'omoplate. Il n'eut même pas le temps de pousser le moindre cri. Avant que le corps ne touche terre, je sors de ma ruelle et attrape la femme par derrière. Ma main sur sa bouche, empêchant toute réponse à mon intrusion. Mon couteau dans la main droite, je lui tranche la gorge d'un coup sec. Le sang bouillonne et coule dans son décolleté. Ma langue parcourt sa clavicule pour entrer en contact avec le liquide vermeil. Au contact avec ma langue, je sens la chaleur m'emplir de nouveau. Je récupère mes sens. Mes oreilles entendent les battements de son c½ur ralentir, mes doigts sentent sa peau se refroidir, ma bouche et mon nez me renvoient l'odeur et le goût du sang frais. Ma vue se précise. Quand je posai le corps à terre à côté de son conjoint, je fus pris de stupeur. Je portai ma main à mon cou et ouvrit le pendentif. Qu'avais-je fait ? Le portrait de ma défunte bien-aimée gisait là, à gorge déployée sur le bitume à côté de l'homme que j'aurai du être. Le ciel, sentant sûrement ma faiblesse, en profita pour rétablir le bruit de la vie autour de moi. Mais cette fois plus besoin de pluie pour irriguer les canyons de mes cernes et de mes joues...

# Posté le vendredi 05 octobre 2007 15:04

Modifié le vendredi 05 octobre 2007 16:01